L’histoire de Sainte-Croix
Sainte-Croix est un nom propre employé comme patronyme et synonyme. En particulier, de nombreuses églises, monastères et communes portent ce nom. Il est inspiré de la Sainte Croix dite également Vraie Croix. Les habitants de Sainte-Croix sont les Saint-Crussois & Saint-Crussoises.
Création de la Cité et premières occupations
L’histoire de Sainte-Croix a commencé il y a plus de mille ans. Etalé sur le Causse, le territoire fut de tout temps propice à l’établissement humain. L‘Homme occupa le site dès la préhistoire, on retrouve traces des Mérovingiens au hameau de Bervic. Durant les fouilles de 1960, deux pierres déterrées portaient deux serpents gravés, « symbole du caducet ».
Grandes dates et développement économique
La première mention faite de Sainte-Croix dans les textes est de 852. C’est un bourg ecclésial fondé au IX° siècle par l’Evêque de Cahors qui dépendait de l’abbaye de Figeac. Le Prieuré Sainte-Croix de Macanas fait donc partie du diocèse de Cahors.
Il y avait à cette époque et dès le début du X° siècle, où se multipliaient les donations : connivence manifeste et complémentarité entre l’église, désireuse d’évangéliser la population des campagnes et la classe des chevaliers, des comtes et barons issus de lignage Carolingiens, dans un contexte de troubles militaires puis de grandes peurs qui aboutissent aux peurs du 1° Millénaire.
La petite cité de Sainte-Croix est un ancien bourg fortifié, circulaire, riche en vestiges. L’église, dont le donjon reste un remarquable édifice religieux a été aménagé en réduit défensif au XV° siècle.
Au Moyen-Age dès les XII° & XIII° siècles, des familles puissantes apparaissent dans différents domaines (les Balaguier, Mirabel, les Guérin, les Guy, les Rouget, les Molières, les Saumade).
Toutes ces familles possèdent les grands domaines de la région (Trioulou, Molières et la Pauze) Ces noms existent toujours de nos jours et ces grands domaines se sont transformés en petits castelets.
Sainte-Croix est situé sur une voie de la Via Podiensis qui relie Conques à Moissac, itinéraire du Pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle entre Villeneuve et Limogne.
A cette époque, il est fait mention d’un Hôpital qui soignait les Pèlerins de passage. L’ancien Prieuré (Mairie actuelle) possède des vestiges du XIV siècle intéressants au rez-de-chaussée de la bâtisse (fenêtres, porte et petites arcades), salle d’expos actuellement. Une Porte Médiévale donne accès au secrétariat de la mairie à l’étage. L’église de Sainte-Croix a gardé quelques vestiges Romans dans le chevet du Chœur. Elle a été, maintes fois, transformée au cours des siècles. Une Croix de Sauveté qui délimitait cet espace de Paix est toujours en place à l’entrée sud du Village.
Pendant la Guerre de Cent Ans, l’étendue du bourg circulaire n’a pas permis d’envisager de construction défensive autre que l’église. Beaucoup d’églises étaient fortifiées dans les petits bourgs. Les gens venaient s’y réfugier pour se protéger des assaillants. La Tour Donjon fut construite afin de garantir la prospérité des domaines des alentours situés entre les Causses du Quercy et les verdoyants plateaux du Ségala.
A la Révolution, le nom de Sainte-Croix est proscrit, trop religieux, transformé en « Cabans ». Les biens de l’église sont saisis et vendus. Le Commissaire du Directoire Exécutif de Villefranche de Rouergue s’installe au Presbytère et chasse le curé Niel. La Municipalité s’est bien établie en 1790, Pierre Mouly est le 1er Maire. Quatre ans plus tard, Jean-Pierre Granier lui succède. Sous l’Empire, en 1806 la commune est très étendue, elle compte 2315 habitants, Saint-Rémy faisant partie de la commune jusqu’à la fin du XIX° siècle. Il y avait 4 grandes foires à l’oie maigre par an.
Des personnages importants de l’Etat à Sainte- Croix au début du XX° siècle
- Jean Antoine Ernest Constans est un homme politique français né à Béziers le 3 mai 1833 et mort à Paris le 7 avril 1913. Député de la Haute-Garonne, Il était professeur de Droit à la faculté de Toulouse. En 1887, il fut le premier Gouverneur général de l’Indochine française sous protectorat français. Poste qu’il occupa pendant 2 ans, puis en 1889 il devint ministre de l’intérieur, homme à poigne qui dut contrecarrer les entreprises du général Boulanger. Il fit construire l’actuel château de Sembel. Le 27 décembre1898, il fut nommé ambassadeur à Constantinople, fonction qu’il occupa jusqu’en juin 1909. Il y mena une diplomatie personnelle largement indépendante de la politique française. Il a été très actif dans le développement du chemin de fer reliant Constantinople à Bagdad.
- Emile Maruéjouls né le 4 août 1837 à Villefranche de Rouergue et mort le 22 octobre 1908 à Sainte-Croix, fut un homme politique Français. Avocat, Il fut ministre du commerce et de l’industrie, des Postes et télégraphes et des Travaux Publics, Député, Président du Conseil Général de l’Aveyron. Il acheta le château du Trioulou où il résida jusqu’à sa mort. Il inaugura le viaduc du Viaur en 1902 quand il était Ministre des travaux publics de 1902 à 1905.
Guerres Mondiales et classement Monument Historique
La Grande guerre 1914-1918 emporta 22 jeunes du village, un lourd tribut, comme beaucoup de villages français.
L’Eglise de Sainte-Croix est classée Monument Historique le 2 mai 1931 grâce au Maire Pierre Maruéjouls. A cette occasion, M. Maruéjouls va s’occuper de la restauration de l’église. Réfection de l’église intérieure et extérieure et aussi le clocher, au mois d’avril 1934, il ne manquait plus que les vitraux qui furent réalisés pour la fin de l’année par Richard Burgsthal.
Pendant la Seconde Guerre Mondiale, Sainte-Croix vécut au rythme des cartes d’alimentations et de l’Occupation. Certains combattants furent prisonniers en Allemagne et de retour après l’Armistice de 1945.
Le village de Sainte-Croix a gardé le plan de cette cité circulaire millénaire ainsi que des fossés qui en font tout le tour.